TEXTS

 

 

LYSE FOURNIER_JET STREAM_solo show at Eponyme Galerie_Mars 2020

EN CHERCHANT À LA RONDE DANS TOUS LE VASTE MONDE.

Nous arpentons la galerie en frôlant des cercles énigmatiques. La lumière fait virevolter les reflets roses, violets, verts et jaunes, tantôt cuivrés, argentés ou fluorescents. Ils nous happent et nous appellent à franchir un univers, un espace parallèle. Quel est ce monde révélé par les formes arrondies ? 

Lyse Fournier observe la lumière du sud-ouest à la tombée de la nuit. Elle y perçoit des éclairs, des assombrissements ; autant de revirements de situation propices au rêve et à la contemplation. Dans une marche lente et silencieuse, les nuages imperturbables se succèdent. Tels des vaisseaux gorgés de vents et de pluies, leurs masses sont imposantes et légères tout à la fois. 

L’artiste décline dans ses travaux des motifs prélevés (le pli, l’écume, la roche, le sel, l’eau) pour les transformer en un autre langage où la fiction apparaît. Lyse Fournier puise tour à tour dans le paysage et l’Histoire de l’art. Lors d’un voyage à Rome, elle s’imprègne des drapés de sculptures antiques. Ici, les surfaces merveilleuses semblent figées par de longues barres métalliques. Le nuage se déploie d’un objet à l’autre, le mouvement s’enclenche et la représentation devient matériau. Par effet de transparence, le traitement plastique révèle un rapport pictural à l’image. Souvent, nos ciels diffus déroulent des coulées de couleurs lourdes.

L’installation Jet Stream dessine une constellation, un alignement de planètes qui flottent et s’approfondissent. Les miroirs magiques nous hypnotisent. Ils évoquent tantôt un cadran solaire, tantôt une aurore boréale. Lyse Fournier nous remémore la Renaissance artistique italienne et le tondo, un profil sculpté ou peint sur un support de format rond ou à l’intérieur d’un disque. Nos silhouettes se réfléchissent et ponctuent les nuages, on imagine autour des cercles brillants un rituel divinatoire. Les miroirs seront-ils un jour doués de parole ? Quelles vérités invisibles nous dévoileront-ils ?

Élise Girardot, Critique d’art membre de l’AICA, 2020. https://www.elisegirardot.com/lyse-fournier

 

 

ENTRETIEN AVEC MARTINE MICHARD DIRECTRICE DE LA MAGCP

RESIDENCE D’AUTOMNE AUX MAISONS DAURA / PROGRAMME POST-PRODUCTION #2

Martine Michard : En quoi consiste votre (vos) projet(s) de résidence ?

Lyse Fournier : Explorer le territoire, m’imprégner des ambiances, des motifs et des couleurs du paysage ; travailler comme une naturaliste. Explorer sur le terrain, explorer sous le terrain, le long de la vallée du Lot, sur les falaises, les causses, dans les grottes et gouffres aux alentours. Faire des images et m’en servir comme matière pour composer des installations.

M M : Quelques mots sur votre expérience — effective ou rêvée — en tant qu’artiste en résidence.

L F : Le paysage ici est singulier, il m’a surprise, c’est ce que je suis venue chercher. Les couleurs sont remarquables. Après être allée sur puis sous terre, je me suis mise à faire un nuancier (les falaises : blanc-beige-jaune-marron-rouille-noir-gris / les concrétions : blanc-beige-jaune-rouille-vert-gris). Les couleurs des roches qui coulent sous terre me donnent envie de faire de la peinture — mais comme un sculpteur — de travailler la matière couleur comme je travaille la matière image. Peindre par couches successives, par strates.

On retrouve dans mon travail fait pendant cette résidence un mélange d’esthétique entre l’art rupestre des grottes de Pech Merle toutes proches et l’art médiéval du village de Saint-Cirq Lapopie.

J’ai vraiment poussé mes recherches ici, je pense que mon travail va devenir plus sculptural après cela.

http://www.magcp.fr/project/lyse-fournier/

 

 

DEBORDER LE SUPPORT PHOTOGRAPHIQUE _ART INSIDER n°005 juillet-août 2018_

4e édition de ce prix Impression photographique porté par les Ateliers Vortex et le Musée Nicéphore-Nièpce, cet appel à candidature est à destination d’artistes émergents, « dont le travail ne se situe pas uniquement dans le champ de la photographie, mais s’inscrit dans une démarche globale», explique Annelise Ragno, cofondatrice des Ateliers Vortex.

« À titre d’exemple, ce qui nous a intéressés dans le travail de Lyse Fournier, lauréate du prix en 2017, c’était sa façon d’interroger l’œuvre photographique et l’objet, à travers un travail d’installation, de l’image comme sculpture autour de laquelle on pouvait tourner. Elle a également travaillé sur le fond d’archives de musée Nicéphore-Niépce. »

https://www.artinsider.fr/blog/prix-pour-un-projet-autour-de-la-photographie

© 2020 lyse fournier . Powered by WordPress. Theme by Viva Themes.